• Marianne de Miribel

La galère des devoirs….




Et voilà, la rentrée est passée, et une nouvelle routine se met en place.


Les devoirs font leur apparition et peuvent compliquer l’ambiance familiale…


Alors comment faire pour que ce moment se passe le mieux possible ?


Commencez dans un premier temps par vous reconnecter avec votre enfant quand vous le récupérez de l’école.


Il vient de passer 8h, voire plus, loin de vous, dans un lieu où il doit se contrôler constamment, s’empêcher d’être lui-même, ce qui a des conséquences sur son épanouissement personnel.


Le petit enchaîne les crises de décharge, véritables crises de rage incontrôlables.

L’ado claque les portes et cherche la confrontation


Prenez le temps de vous reconnecter quand vous vous retrouvez.

Le jeu peut vous y aider. Pas besoin d’en acheter, sautez sur les bandes blanches des passages piétons, faites une bataille de coussins en rentrant chez vous, faites un karaté-chaussettes…


Lâchez la pression également sur les devoirs.


Quand votre enfant rentre de l’école, il va exprimer plusieurs besoins : celui de se détendre, de manger, de boire, de courir, de jouer ….

Ses besoins sont à prendre en compte avant de passer aux devoirs.


Pour le petit enfant, il peut y avoir la crise de décharge.

Cette fameuse crise impressionnante parce qu’il n’a pas le goûter qu’il voulait par exemple.

C’est ce qu’on appelle également le biscuit cassé.

L’enfant craque et ses émotions s’expriment à la moindre contrariété. Ce qui d’habitude ne le fait pas spécialement réagir va le faire exploser, parce que là, il vient de passer une journée entière, 8h voire plus, à se contenir. Donc quand il voit sa figure d’attachement, (vous), il lâche.


La figure d’attachement, c’est la personne qui s’occupe en général le plus de l’enfant et en qui l’enfant a une totale confiance, avec qui il se sent suffisamment en sécurité pour vivre ses émotions.

Donc, dans ce cas, simplement écouter.


Oui, c’est difficile, et épuisant.

C’est une belle preuve de confiance que vous font vos enfants.

En le sachant, cela vous permet de vous y préparer psychologiquement.


Une fois la connexion faite avec votre enfant, et ses besoins remplis,

les devoirs s’invitent…


C’est là que l’ambiance familiale peut se tendre.


L’apprentissage se déroule au mieux quand l’enfant se sent soutenu et qu’il ressent que l’on a une vision positive de sa personne.

Encouragez-le !


S’il se braque parce qu’il n’y arrive pas, lâchez le devoir, concentrez vous sur votre enfant.

Vous pouvez faire une pause, faire des exercices de respiration.

Lui rappeler des moments où il a déjà été en difficulté et où il a réussit.

Cela permet de rebooster sa confiance en lui.


L’enfant apprend mieux s’il est motivé pour se lancer dans les apprentissages.

- Il apprend dans une ambiance stimulante.

- La difficulté doit être adaptée à son développement et ses capacités,

- L’enfant ne doit pas être soumis au système punition/récompense :

- la punition le blesse et l’humilie ;

- la récompense anéantit sa motivation intrinsèque qui est pourtant essentielle pour acquérir des connaissances.


Inutile de le menacer ou de le punir :

Cela induit un rapport de force.

L’adulte veut que l’enfant agisse comme il l’entend.

L’enfant obéira pour éviter la punition, sans aucune réflexion.

Cela peut amener une baisse d’énergie, de la démotivation.

Cela va braquer l’enfant.


Savoir que l’erreur fait partie des apprentissages :

L’enfant a simplement besoin de comprendre pourquoi il s’est trompé, d’être soutenu, accompagné, pour progresser.


Si, à un calcul, un enfant trouve un résultat différent, plutôt que de lui dire qu’il a faux, qu’il s’est trompé, demandez lui simplement comment il est arrivé à ce résultat, et comparez vos résultats, expliquez, démontrez.

L’enfant a besoin de comprendre.


La plupart des parents souhaitent l’épanouissement de leur(s) enfant(s).

Et pour beaucoup cela implique une belle réussite scolaire.

Être le meilleur, le premier, bien travailler…

Cela est un gros facteur de stress pour l’enfant, car il ressent cette pression souvent mise par les parents.

Or un cerveau sous stress n’apprend pas.


Quand la relation parents/enfants est basée sur les résultats scolaires, l’enfant ne se sent pas exister pour ce qu’il est.

Il n’est qu’un ensemble de notes. Ce qui peut engendrer des conflits, troubles du comportement


Les recherches en neurosciences affectives et sociales montrent que la qualité de la relation avec l’enfant est l’un des facteurs essentiels du développement de son cerveau.


En cas de difficulté, d’échec scolaire, l’enfant sait qu’il est en difficulté, donc inutile d’en rajouter….

Cherchez plutôt ce qui l’inhibe dans ses apprentissages .


Et l’écoute est primordiale :

C’est la 1ère réponse.

Est ce qu’un enfant l’intimide à l’école ? Un enseignant injuste ? humiliant ? des conflits au sein de la famille ?

Est ce qu’il s’ennuie ?


Il est fondamental d’expliquer à l’enfant qu’il n’est pas nul.

L’enfant a des émotions en lui qui peuvent s’exprimer et qui altèrent ses compétences scolaires.

Avec l’écoute active, la reformulation, aidez-le à mettre des mots sur ses sentiments et sur les pensées qui le préoccupent.


La roue des émotions peut vous y aider.


Ce qui aide mes enfants à raconter leur journée c’est d’abord que moi je raconte la mienne :)

Leur poser des questions simples également comme «  Peux tu me dire 2 ou 3 choses que tu as aimées et 2 ou 3 choses que tu n’as pas aimées ? » par exemple et reformuler «  Oh tu n’as pas aimé quand… je vois, qu’est ce que ça t’a fais ? Comment t’es-tu senti ? Tu aurais aimé faire quoi ? »


En ce qui concerne les poésies, mon aîné aimait bien dessiner ce qu’elle représentait pour lui, sous forme de dessins très simples, de cette façon, il avait sa poésie sous forme de petits dessins comme un rébus, et il la retenait mieux de cette façon.


«  Il y a autant de façon d’apprendre que d’individus »

Donc ce qui fonctionne avec l’un de vos enfants ne fonctionnera pas forcément pour les autres.


Nous reprochons souvent aux jeunes écoliers et lycéens de ne pas être motivés, alors que ce sont les conditions scolaires qui sont démotivantes. Mais parfois les conditions à la maison ne sont guère meilleures...



Pendant longtemps à l’école, les émotions n’avaient pas leur place.

Le corps humain était considéré comme une machine.


Aujourd’hui, nous le savons, il n’y a pas de séparation entre le corps, nos émotions et le cerveau.

Les émotions ont toutes leur place à l’école et dans les apprentissages.

Même pendant les devoirs à la maison.

D’où l’importance de les écouter, les accueillir. Et de ne pas mettre la pression.


Quand les devoirs sont compliqués pour le parent :

C’est bien connu, nos enfants sont très forts pour réveiller nos blessures d’enfants :)

Ils nous permettent de faire un travail énorme sur nous !

Et donc parfois votre petit enfant intérieur se réveille, en fonction de votre vécu.

Si les devoirs étaient un moment conflictuel, il se peut qu’ils le soient également entre vous et vos enfants.

Cela est valable pour tout un tas de situations, et en général, quand nos enfants entrent à l’école, tout notre vécu d’élève refait surface

C’est ce qu’on appelle la mémoire traumatique.

En cas de situation difficile que le cerveau de l’enfant n’a pas pu traiter en raison du stress provoqué, l’information se stocke dans l’amygdale (siège de la mémoire émotionnelle) et en cas de situations similaires, donc là avec les devoirs de vos enfants, le traumatisme se rejoue et c’est comme ça que vous vous retrouvez à avoir des réactions disproportionnées, et à faire peut- être les mêmes choses que faisaient vos parents, vous perdez votre calme et c’est la crise.


Il est donc important d’être au clair la dessus, de faire le lien entre ce qui se joue aujourd’hui et ce que vous ressentez qui vient de situations passées.

Et de travailler sur vous, si vous voyez que cela empiète sur la relation avec vos enfants.


Ces émotions que vous ressentez sont à accueillir et à écouter, elles sont totalement légitimes et les refouler ne fera qu’empirer le problème.


Vos enfants ont besoin de vous, de vos encouragements, de votre soutien.

Prenez donc soin en priorité de votre enfant intérieur, pour pouvoir prendre soin de vos enfants.


Une dernière chose :

Beaucoup de parents se mettent la pression avec les devoirs, et mettent donc également la pression sur les enfants.

Alors que notre priorité en tant que parent c’est la qualité de relation avec nos enfants, qui doit primer sur le reste.


Il est, je pense, important de rappeler que les devoirs écrits sont interdits. ( https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F21842)

Et qu’ils sont surtout un «contrat » passé entre l’enseignant(e) et votre enfant.



Marianne de Miribel

Consultante en parentalité


Sources :

- CERI : Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement.

- Daniel Favre : « Cessons de démotiver les élèves ».

- Catherine Dumonteil - Kremer : «  Une nouvelle autorité sans punition ».

- Catherine Gueguen : «  Heureux d’apprendre à l’école ».

- Marshall .B. Rosenberg : «  Enseigner avec bienveillance ».

- Omar Zama : « Apprendre à vivre en classe ».

- Isabelle Filliozat : « Au coeur des émotions de l’enfant ».

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